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[BONUS] ATOL et la jeunesse – Suite de l’interview d’Éric Plat où il adresse de nombreux conseils à cette jeunesse !

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Bienvenue dans cet épisode bonus de Mark & Ting, dans lequel nous poursuivons notre entretien avec Éric Plat, PDG d’Atol.

Dans ce bonus dédié à la jeunesse, Éric Plat insiste sur l’importance des jeunes (fonctions marketing, commerce, etc.) au sein des opticiens Atol et évoque l’attention qu’ils portent à ce qu’elle se sente bien au sein de la coopérative. Il aborde également la formation qu’ils ont mis en place : à savoir recruter des profils commerciaux afin de les former au métier d’opticien pour devenir salariés voire de devenir coopérateur à terme. En savoir plus : https://www.rejoindreatol.com/eric-plat-sur-bfm-lancement-decole-atol

Éric Plat en profite pour transmettre des messages importants aux étudiants ou jeunes professionnels tels que l’importance de rester l’esprit ouvert, d’observer, d’avoir envie d’apprendre et d’être entreprenant au travail ou dans sa vie.

Enfin, Éric Plat nous suggère différents podcasts, films et livres afin de nous enrichir et développer notre curiosité !

Podcast recommandé par Éric Plat : https://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/podcast/bfm-strategie/

Films : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Loup_de_Wall_Street et https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Fondateur_(film)

Livres : https://editions.flammarion.com/factfulness/9782081427112 et https://www.vuibert.fr/ouvrage/9782311001051-nudge

Nous tenons à nouveau à remercier fortement Éric Plat pour ce très bel échange !

Alors bonne écoute !

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Monoprix réédite ses pièces cultes de designers dans un pop-up store Prisunic à Paris

Depuis quelques années, plusieurs marchés font face à de nombreux bouleversements des motivations et comportements d’achats des consommateurs en matière de consommation. Un constat auquel les entreprises ont dû s’adapter, aggravé ensuite par la crise de la covid-19, survenue fin 2019.

Ce n’est un secret pour personne, le secteur de la distribution est un secteur en constante reconstruction. Tantôt touchée par la concurrence accrue (magasins de proximité ou encore hard-discounters), puis par un contexte de crise sanitaire inédite, la distribution est mouvante, et doit chaque jour s’adapter aux nouvelles exigences du marché. En parallèle, les clients font face à une offre de produits et services toujours plus dense, c’est pourquoi l’expérience client devient déterminante dans la décision d’achat. Ainsi, un client satisfait par votre offre et la qualité proposée deviendra probablement un client fidèle.

À titre d’exemple, post covid-19, les clients recherchent des moyens faciles et accessibles pour se ravitailler, sans forcément avoir besoin de se déplacer. Ils misent majoritairement sur la livraison à domicile ou encore le click and collect. Plus attentifs sur la qualité des produits consommés, ils demandent à profiter d’une meilleure transparence et d’une nette traçabilité des produits.

Face à ses bouleversements, la distribution n’a eu de choix que de s’adapter, tout en imaginant de nouvelles stratégies pour rester en compétition : magasins ouverts 7j/7 et 24h/24, programmes de fidélité, promotions, ou encore personnalisation.

Des tendances sur lesquelles la célèbre enseigne Monoprix a semblé surfer ! Placée en première ligne pendant les confinements car faisant partie des commerces autorisés à rester ouverts, la dimension « quartier » a semblé rassembler les populations : « Nos magasins sont même devenus récréatifs pour les clients qui voulaient rompre avec la monotonie des journées et l’obligation de rester à la maison. », indique la Directrice Marketing de l’enseigne, misant sur une stratégie relationnelle en 3 points, unique en tant de crise : rassurer, rendre service et embellir.

Embellir, c’est sur cet aspect que nous attarderons aujourd’hui. Embellir la relation client, renforcer les liens et construire la préférence de marque.

L’enseigne Monoprix fut créée en 1932 à Rouen par Max Heilbronn (créateur des Galeries Lafayette), avec comme objectif premier de rendre le beau et bon accessible au plus grand nombre, et ce, en centre-ville. Dès ses débuts, l’enseigne ne se positionne donc pas comme acteur de la grande distribution, mais plutôt comme commerce de proximité. Après le lancement de ses marques propres et du paiement en libre-service, Monoprix fonde peu à peu son empire en rachetant Uniprix et Prisunic. Il devient alors leader des supermarchés de centre-ville, aujourd’hui concurrencé par Franprix, MyAuchan ou encore Carrefour Express, aux positionnements prix relativement élevés. Dans les années 2000, la marque lance le concept Monop’ ; des surfaces de vente encore plus réduites pour gagner davantage de temps pendant les courses.

En 2014, le groupe Casino devient actionnaire majoritaire, et Monoprix connaît un élan de notoriété, notamment grâce à ses campagnes humoristiques.
Monoprix n’a eu cesse de se réinventer, pour ses clients citadins. Son positionnement unique et audacieux, son ton de communication et sa proximité client viennent alimenter la promesse d’une expérience client unique, sur laquelle la marque semble avoir bâtie sa légitimité. L’ensemble des prises de parole de la marque ont toujours pour ambition d’apporter une contribution positive au quotidien des clients, et ainsi leur délivrer la meilleure expérience possible. L’expérience client semble être la clé de voute de l’enseigne Monoprix, et ce sur quoi la stratégie d’entreprise repose.

Ainsi, Monoprix n’a eu cesse, pendant et hormis la crise du covid-19, de miser sur cette relation, à travers diverses stratégies et actions marketing. Cela passe bien évidemment par ses packagings originaux et humoristiques, mais aussi par ses collaborations ou mises en avant.

Dernièrement, l’enseigne a annoncé l’ouverture d’un pop-up store dédié à la réédition de ses objets cultes Prisunic. Les pop-up stores sont des magasins éphémères limités dans le temps, permettant à une marque ou une enseigne de profiter de la saisonnalité d’un marché, célébrer un événement… Il a pour objectif d’accroitre la notoriété et l’image de la marque, et ainsi impacter positivement le volume de ses ventes.

Prisunic, un magasin au service du quotidien. Né fin des 1931, l’enseigne est pionnière de l’achat par correspondance et propose un catalogue de mobilier, luminaires, vaisselles et textiles, pensés par des créateurs uniques. Monoprix et Prisunic fusionneront par la suite.

Décembre 2021, et à l’approche des 90 ans de la fusion des deux enseignes, anciennement concurrentes, Monoprix décide de rééditer des pièces exceptionnelles de 5 créateurs, ainsi que 150 des plus beaux meubles. En parallèle, le pop-up store est accompagné d’une exposition Le design pour tous : De Prisunic à Monoprix et d’un lacement unique sur le site internet de la marque.

Voici un aperçu de la boutique éphémère située avenue des Champs-Élysées, que j’ai eu l’occasion de visiter.

Nous l’avons compris, le secteur de la distribution est un secteur de plus en plus concurrentiel. Ainsi, comme l’indique l’article Le commerce de la distribution en chiffres, les géants tels que Carrefour et U ont décidé de s’adapter aux mouvances et au contexte actuel, en ouvrant des superettes de quartier. Ces magasins semblent jaillir dans la majeure partir des villes de France, proposant des horaires étendus, des ouvertures 7j/7 et des livraisons à domicile. À titre d’exemple, les revenus de la distribution de proximité étaient estimés à 11 milliards d’euros en 2017, soit 546 millions de plus qu’en 2016. De même, d’après l’étude IRA Vision 2018, le circuit de proximité est en effet le plus dynamique de la distribution alimentaire.

Malgré la forte notoriété de l’enseigne Monoprix, comme présenté ci-dessus, celle-ci doit faire face à une concurrence de plus en plus accrue. Pour cela, l’enseigne décide de miser sur la relation client, en offrant à ses clients une expérience unique. En effet, nous pouvons l’affirmer, l’expérience client dans un lieu de vente est aujourd’hui considéré comme un outil de différenciation. Contrairement à ses concurrents, Monoprix ne mise pas seulement sur les programmes de fidélité, ou encore les promotions. L’enseigne va encore plus loin en créant des lieux, des univers et des expériences uniques.

En Décembre 2021, la marque mise sur la nostalgie et le souvenir, au travers d’un pop-up store retraçant près de 90 ans d’histoire.

Article « Comment la nostalgie évoquée par le distributeur en tant que marque influence les perceptions, attitudes et comportements des consommateurs envers les produits offerts ? »

La nostalgie est une stratégie proposée par les marques qui leur confère un avantage sur la perception et le capital marque. Ces marques agissent comme des stimulus auprès des individus et la nostalgie qu’elles évoquent permet au consommateur de revivre des souvenirs. Le consommateur semble alors rassuré par ce souvenir qu’il connait, mais aussi en sécurité. Cela créée une forme de continuité sociale et identitaire.

On distingue 3 types de nostalgie :

  • Le souvenir personnel
  • Le souvenir historique
  • L’ancienneté perçue

Le souvenir personnel est propre à l’individu et est relatif à sa vie (enfance, famille…), tandis que le souvenir historique concerne un souvenir que l’individu n’a pas connu. Enfin, l’ancienneté perçue est plus subjective, car relate de la perception de l’ancienneté de la marque pour le consommateur. Pour certains, cette perception de l’ancienneté de la marque peut être synonyme de fiabilité et de qualité, car la marque semble avoir traversé les décennies et être restée fidèle à elle-même.

Quel que soit le type de nostalgie, il aura un impact significatif sur le comportement de l’individu. De même, on distingue également 3 types de conséquences à la nostalgie :

  • Perceptuelles
  • Attitudinales
  • Comportementales

Les conséquences perceptuelles sont relatives à l’authenticité et la qualité perçue par le consommateur. Ainsi, ce dernier va avoir tendance à lui attribuer le savoir-faire et l’authenticité d’antan. C’est en outre un signe de confiance et de pérennité de la marque perçu par l’individu. Face à cette perception du consommateur, on va remarquer des changements d’attitudes, suivi ensuite de d’évaluations plus favorables envers la marque. Le consommateur est plus enclin à adopter un comportement positif envers l’enseigne. Vous l’aurez compris, les conséquences comportementales sont relatives à l’acte d’achat. Ainsi, l’individu ayant répondu positivement à l’ensemble de ces stimulus, il va ensuite laisser parler ses émotions. Les émotions ont été étudiées comme un déterminant de l’intention d’achat des marques nostalgiques.

Aujourd’hui, de nombreux auteurs affirment que le lieu de distribution est un lieu où il est possible de reconstruire le passé « afin de saisir tout le potentiel de l’évocation nostalgique ». Cette stratégie, non sans impact sur le consommateur, élabore intentionnellement un univers basé sur le souvenir qui créée des émotions positives, facilitant la décision d’achat.

Prisunic est une marque ancienne connue d’une majorité du public. Créée en 1931 et disparue en 2003, elle était une référence dans le domaine de l’achat par correspondance de meubles, luminaires ou décorations. Aujourd’hui, Monoprix décide de lui recréer une âme, en misant sur les plus belles pièces ayant marqué l’histoire de Prisunic. Au travers d’une boutique retraçant l’histoire de l’enseigne, la clientèle aura l’opportunité de se voir confronter à la mode de ses années. Couleurs vives et formes originales, cette ambiance amène à se remémorer son enfance pour certains, sa jeunesse pour d’autres. Comme l’indique l’article cité ci-dessus, le consommateur revit, semble rassuré et épanoui face à ce décor qu’il connaît tant.

Pour cet événement, Monoprix mise majoritairement sur le souvenir personnel. L’objectif de la marque est de favoriser l’impulsion, et non la réflexion autour de l’achat. Le consommateur fait référence à ses images et ses souvenirs, qui font peu à peu disparaître sa raison. Il se rappelle de ce fauteuil sur lequel son père s’asseyait pour lire son journal. Il se rappelle également du vase dans lequel sa tante mettait les roses du jardin. Cette ambiance particulière fait oublier le quotidien au consommateur ; c’est une parenthèse d’émotions.


Ensuite, ce même client va songer à sa qualité, « c’est vrai qu’il était confortable, et papa et maman l’ont gardé longtemps. ». Inconsciemment, il va associer qualité à la marque, et ainsi faire émerger de nouvelles émotions positives. Par la suite, il l’évaluera, et adoptera probablement un comportement positif envers la marque, impactant la décision d’achat.

Conclusion

Pour conclure, nous pouvons affirmer que malgré la concurrence grandissante sur le secteur de la distribution, et particulièrement de proximité, Monoprix demeure l’un des meilleurs. Outre la distribution de produits du quotidien, l’enseigne a su créer autour d’elle un environnement unique, au point qu’il n’est pas rare que vous ayez déjà entendu un « On va au Monop’ ? ». En misant sur la proximité client et la relation privilégiée, l’enseigne s’est créé un véritable capital marque.

Pour aller encore plus loin, elle crée des lieux d’émotions, laissant place à la magie et au souvenir, tel que le pop-up store Prisunic. Marque emblématique du 20ème siècle, Prisunic s’est démarquée par son offre de pièces uniques créées par des designers.
Au sein de son adresse située aux Champs-Élysées, Monoprix refait vivre à ses clients leurs plus belles années. Pièces emblématiques et reconstitution d’histoire, l’enseigne mise sur l’émotion et la nostalgie, qui, nous avons vu, ont un impact positif significatif sur la décision d’achat.

L’enseigne leader de la proximité n’a rien à envier à ses concurrents, bien au contraire. Malgré une stratégie de prix élevée, son positionnement unique (ton employé, proximité, expérience et relation client) lui permet de conserver une place difficilement détrônable dans l’esprit de ses clients. Au-delà de son statut d’enseigne de distribution, c’est aussi un vecteur d’émotions, que l’on retrouve dans divers lieux à l’occasion d’événements ou de pop-up stores par exemple. Encore une fois, la marque nous montre son unicité.

La marque doit continuer à assurer cette différenciation en innovant ou employant de nouvelles stratégies par exemple, afin de fonder sa préférence de marque dans l’esprit des consommateurs. Elle doit également privilégier le souvenir personnel, différent pour chacun, mais évoquant, à différentes échelles, des souvenirs ou anecdotes, qui engendreront des comportements positifs. Néanmoins, nous avons également vu que la qualité et l’authenticité sont aussi des antécédents à l’acte d’achat, à ne donc pas sous-estimer.

Chloé Tombu

Compte LinkedIn : http://linkedin.com/in/chloe-tombu-marketing

SOURCES

https://www.marieclaire.fr/maison/monoprix-va-reediter-ses-pieces-cultes-de- designers,1401170.asp
https://madparis.fr/prisunic-un-magasin-au-service-du-quotidien https://fr.fashionnetwork.com/news/monoprix-un-pop-up-parisien-pour-lancer-les-collabs-de- la-saison,623504.html
https://www.kissthebride.fr/experience-relation-client/data-emotion-5-monoprix-la-crise-a- amplifie-le-sens-de-la-relation-clients/ https://www.admagazine.fr/adshopping/article/monoprix-ouvre-un-pop-up-store-dedie-a-la- reedition-de-ses-objets-cultes https://www.marieclaire.fr/maison/monoprix-va-reediter-ses-pieces-cultes-de- designers,1401170.asp

Article de recherche : “Comment la nostalgie évoquée par le distributeur en tant que marque influence les perceptions, attitudes et comportements des consommateurs envers les produits offerts ? » – dial.uclouvain.be – R Mission, V Swaen

#2 – GRANDE INTERVIEW d’Éric Plat, PDG d’ATOL : innovations, commerce coopératif, évolution de la stratégie de com’, démarche citoyenne…

Pour notre premier invité, nous avons eu le privilège de recevoir Éric Plat, Président-Directeur général d’ATOL les opticiens. Il revient sur l’histoire de la marque, l’évolution de leur stratégie de communication et marketing, leurs innovations comme leurs lunettes pour les dyslexiques, leur démarche citoyenne avec leur nouveauté ONEO (lunettes écoresponsables et fabriquées en France), sa perception du métavers en tant qu’opticien et entrepreneur et la place centrale qu’occupent leurs points de vente dans la stratégie d’ATOL. En tant qu’ancien président de la FCA, Éric Plat revient sur les spécificités du commerce coopératif et associé et l’importance de l’humain. Il revient également sur son parcours, son déclic pour l’entrepreneuriat, les expériences marquantes de son parcours avec son souci de « provoquer » la chance. Pour terminer, Éric Plat revient sur l’une de ses plus grandes satisfactions professionnelles.

Cet entretien était d’une telle richesse que nous avons choisi d’isoler un thème de l’entretien à savoir Atol & les jeunes avec les conseils d’Éric Plat à cette jeunesse dans un épisode ” bonus ” qui sortira mardi prochain. 

Nous tenons à remercier fortement Éric Plat pour ce très bel échange que ne sont pas prêtes d’oublier nos deux étudiantes intervieweuses, Lou et Énora.

Alors bonne écoute !

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TECH DE CO – Interview complète de Didier Vincent, chef de département à Périgueux

Découvrez l’interview intégrale de Didier Vincent, chef de département – Techniques de commercialisation à Périgueux par Maraike Straka et Julie Anne – Site web : http://iut-perigueux.u-bordeaux.fr/Formations/Departement-Techniques-de-Commercialisation

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Monoprix et son nouvel entrepôt robotisé

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Depuis ces dix dernières années, la grande distribution doit apprendre à se transformer pour pérenniser son modèle face à de grandes innovations. On voit émerger de nouvelles tendances, de nouveaux acteurs et de nouveaux outils venant bouleverser ce secteur. La crise sanitaire du Covid 19 a même amplifié ces tendances. On observe un boom de l’intelligence artificielle, un passage de la multicanalité à l’omnicanalité jusqu’au client connecté, un accroissement de l’utilisation des réseaux sociaux, une RSE au cœur de la stratégie des entreprises, une émergence des magasins autonomes et bien d’autres.

Et c’est Monoprix qui a su se mettre au goût du jour. Alors qu’en mars 2020, l’enseigne appartenant au groupe Casino inaugurait un centre de distribution de 36 000 m2 dédié à l’e-commerce alimentaire, entièrement robotisé via la solution “clé en main” de l’acteur britannique Ocado pour une livraison à J+1, c’est le jeudi 14 octobre 2021 qu’elle inaugure son nouvel entrepôt de 100 000 m2, robotisé par Exotec. Grâce aux petits robots de cette start-up, l’enseigne pourra livrer toute son offre non alimentaire en limitant au maximum son impact sur l’environnement. Quels enjeux ? Augmenter sa productivité et absorber le développement du e-commerce.

A travers une étude documentaire et un article de recherche, nous allons analyser en quoi cette innovation permettra à Monoprix de faire face à la concurrence sur un marché en pleine expansion. 

Analyse de l’environnement

ForcesFaiblesses
●      Implantée au cœur des centres-villes ce qui lui permet de toucher une clientèle avec un plus fort pouvoir d’achat
●      Positionnement Premium qui justifie sa place de leader des magasins populaires
●      Pionnière du commerce de proximité
●      Enseigne soucieuse de l’environnement (développement de gamme bio, réorganisation du système de livraison…)
●      Fort attachement du consommateur à l’enseigne
●      Des codes visuels affirmés créant un véritable marketing de marque unique
●      Enseigne qui ne cesse d’innover grâce à la création d’un poste de Directeur Concept et Innovation (flagship beauté, partenariats avec des acteurs de la foodtech, storytelling poussé dans les vitrines…)
●      Développement de la marque vers le digital : application Monoprix et Moi, partenariat commercial avec Amazon, possibilité de courses en ligne, drive…
●      Domaines d’activité variés : mode, alimentaire, maison, beauté
Fort capital de confiance et de sympathie
●      L’implantation en centre-ville limite l’accessibilité (stationnement, capacité d’accueil)
●      Prix élevés
●      Enseigne perçue comme chère par les consommateurs
●      Présente seulement en centre-ville, ne permet pas de concurrencer directement les enseignes présentes en périphérie
OpportunitésMenaces
●      Montée en exigence concernant la qualité des offres, ce qui favorise l’achat du Premium
●      Développement du commerce de mobilité et d’autres modes de consommation : click & collect, livraison à domicile…
●      Clientèle aisée habitant en centre-ville
●      Plus grande ouverture d’esprit des consommateurs sur la technologie
●      Hausse de l’importance de la protection de l’environnement 
●      Accentuation de la sensibilité au prix, notamment pour les étudiants habitant en centre-ville
●      Concurrence rude sur le City Commerce avec le développement de Carrefour City
●      Des acteurs tendances comme concurrents de taille (ex : Uber Eats, Deliveroo)
●      Crise sanitaire du Covid 19 : fermeture des rayons “non essentiels” (mode, beauté, décoration)

A partir de l’analyse ci-dessus, nous pouvons en déduire les facteurs clés de succès (FCS) pour perdurer sur le marché du commerce de détail. L’omnicanalité est le maître mot pour faire face aux concurrents et aux nouvelles tendances et innovations. C’est l’intégration de tous les canaux de vente d’une marque dans le but d’offrir aux consommateurs une expérience plus satisfaisante. Le client doit pouvoir acheter ATAWADAC : any time, any where, any device, any content. En découle donc naturellement un deuxième FCS qui est de créer une véritable expérience client unique. Cela passe par diverses méthodes comme la phygitalisation, le développement de l’intelligence artificielle, la théâtralisation des points de vente, un SAV maîtrisé et à l’écoute de son interlocuteur, des tests produits, des conseillers de vente qualifiés… C’est à l’enseigne d’évaluer la stratégie la plus pertinente qui sera adaptée à son offre, son positionnement et ses cibles. Enfin, une adaptation de sa logistique au service de l’environnement et de la productivité paraît un élément évident, notamment pour Monoprix, pour satisfaire le client de plus en plus exigeant, maîtriser son image et devenir une entreprise de demain.

Présentation du point de vente et sa problématique centrale

            Monoprix est une entreprise fondée en 1932, avec son tout premier magasin à Rouen. Elle appartient au secteur du commerce et de la distribution et est essentiellement implantée en centre-ville soit dans 85% des villes de plus de 50 000 habitants. C’est un commerce de détail, de vente en ligne et de proximité de produits alimentaires et non alimentaires (beauté, mode, maison). Son objectif est de “rendre le beau et le bon accessible à tous, en centre-ville”. 

Monoprix à Périgueux dans les années 1940 – Source : https://www.mark-et-ting.fr/monoprix-perigueux-annees-1940/

L’enseigne est à l’origine du retour des formats de proximité en France grâce à son enseigne Monop’ fondée en 2005 (implantée dans les quartiers d’affaires et les zones résidentielles. Son offre : prêt à consommer, épicerie et produits frais). Elle bénéficie d’une image citadine, voire d’épicerie fine pour les Parisiens. Concernant l’alimentaire, c’est une marque gourmande, inventive et à l’écoute des tendances avec une offre qui cultive la curiosité de ses clients. Au niveau de la beauté, elle offre un large choix de marques (Yes To, Au Poil, YOU ARE, Natura Siberica, The Balm, Bye Bye Racines, Kajame…) et des produits de plus en plus tournés vers le Bio. C’est également un acteur incontournable de la mode citadine et tendance avec un style casual, chic et urbain. Enfin, son offre Maison avec une approche lifestyle est dans la lignée de leur dicton “tout sous le même toit” avec un design audacieux et accessible à tous. 

et bien d’autres évolutions au niveau de ses engagements… Regardons maintenant quelques chiffres.

Monoprix détient 11 marques propres dans tous ses univers.

Par ailleurs, on remarque que l’omnicanalité est pour Monoprix un synonyme de liberté pour le client qui peut s’organiser et réaliser ses achats sur différents canaux complémentaires. Par exemple, 60% des commandes Mode sont passées sur Monoprix.fr et sont livrées en magasin. L’articulation e-commerce et magasins physiques permet de rendre accessibles toutes les expériences d’achat, partout et à chaque instant.

Soucieuse de l’environnement, Monoprix a su évoluer rapidement avec les nouvelles tendances du marché et de l’environnement. A travers l’ensemble de ses évolutions, on distingue clairement la problématique centrale de l’organisation qui est la protection de l’environnement. La création d’un nouvel entrepôt zéro carbone permet de renforcer ses valeurs et engagements et de créer un véritable avantage concurrentiel. Cette innovation permet également de soulever une autre problématique : la productivité. Mais, en se plaçant d’un point de vue RSE, cette dernière ne serait-elle pas contraire aux valeurs de la marque si on soulève la problématique de l’emploi ?

Le nouvel entrepôt robotisé zéro carbone

Comme dit précédemment, Monoprix n’a cessé d’innover depuis sa création. On remarque très clairement qu’elle se base sur une stratégie d’expansion en implantant ses points de vente en centre-ville. Après un centre de distribution de 36 000 m2 entièrement robotisé pour l’alimentaire, des améliorations pour créer des points de vente 2.0, un développement de gammes biologiques, de nouveaux moyens d’acheminement et j’en passe, elle cherche aujourd’hui à améliorer ses performances et ses engagements écologiques.

C’est pour cela que l’enseigne inaugure, le 14 octobre dernier, un nouvel entrepôt de 100 000 m2 robotisé en Seine-et-Marne. Le but est de livrer toute l’offre non alimentaire (mode, décoration, parfumerie, hygiène ainsi que la catégorie des boissons sans alcool) grâce aux robots de la start-up Exotec en limitant au maximum l’impact sur l’environnement. Un véritable challenge puisque c’est la première plateforme logistique carbone neutre au monde, soit une neutralisation de 150 000 tonnes de CO2, soit l’équivalent de la production annuelle d’une ville française de 16 000 habitants. Mais comment est-ce possible ? Découvrons les moyens utilisés par le géant Prologis, spécialiste de l’immobilier logistique, à l’initiative de cette innovation, et ses enjeux.

            Créer un entrepôt neutre en carbone passe par une réduction des déchets de chantier, l’utilisation de matériaux recyclés, de charpente en bois, d’un système de géothermie pour capter la chaleur de l’été et la stocker dans le sol, des panneaux photovoltaïques générant 25% de l’énergie menant à un résultat considérable : 80% de la production de gaz à effet de serre est anéantie. Que s’est-il donc passé avec les 20% restants ? Puisque l’on parle d’un entrepôt neutre en carbone. Et bien pour compenser, des arbres ont été plantés.

            Pour parler plus en profondeur des robots, on évoque les petits robots Skypods de la start up Exotec. Ces petites merveilles sont capables de préparer les commandes environ 4 fois plus vite que dans un entrepôt manuel. On remarque d’autres enseignes utilisant cette technologie comme Uniqlo, Decathlon, Cdiscount (groupe Casino).

Les robots seront guidés en temps réel et se déplacent dans les trois dimensions. Ils s’adapteront à l’architecture de l’entrepôt qui propose un stockage allant jusqu’à 10 mètres de haut afin d’optimiser l’espace et l’empreinte au sol.

Grâce à ces robots, Monoprix prévoit l’expédition de 45 millions de colis par an, soit 25% de l’activité du transit national de Monoprix, ce qui lui permettra de contrer les pure players comme Zalando, Amazon et LaRedoute sur l’offre textile. Cet entrepôt gérera toute la logistique non alimentaire de la marque et permettra à Monoprix de stocker les produits destinés à l’approvisionnement de ses magasins et à la livraison des commandes réalisées sur Monoprix.fr. Les robots permettraient normalement d’absorber la croissance de l’activité e-commerce Monoprix. Grâce à l’intégration de la RFID (Radio Frequency Identification), le potentiel de stockage du site e-commerce sera doublé, le délai de traitement des commandes sera accéléré et la qualité du service client sera améliorée. Cette nouvelle technologie sera exploitée pour une durée minimale de 12 ans.

            Avec cet outil logistique, Monoprix s’affirme désormais parfaitement équipé pour, dans le cadre de sa stratégie 2030, concrétiser son ambition de croissance omnicanal et contribuer à son objectif de diviser par 2 ses émissions de gaz à effet de serre.

Concernant l’emploi, la robotisation permettra de réduire la pénibilité du métier de préparateur de commandes. Mais, l’emploi des salariés de Monoprix est-il menacé ?

Confrontation à la littérature

“Not so disruptive yet? Characteristics, distribution and determinants of robots in Europe”, Structural Change and Economic Dynamics, Enrique Fernández-Macías, David Klenert,  José-Ignacio Antón, 01.05.2021

Cet article de recherche analyse les données sur les robots industriels dans les secteurs manufacturiers européens et en particulier les applications et les caractéristiques des robots industriels, leur répartition entre les pays et les secteurs et les principaux facteurs qui sont corrélés à l’adoption des robots, tels que les niveaux de salaire et les prix des robots. Il permet d’analyser quels types de tâches sont effectivement effectuées par ces robots, et comment elles se comparent aux tâches effectuées par les travailleurs humains dans les secteurs concernés.

À la suite de la crise financière mondiale de 2008, l’impact des technologies d’automatisation sur l’emploi a fait l’objet d’un débat croissant et souvent anxiogène. L’idée sous-jacente est que les technologies d’automatisation ont un impact très perturbateur sur l’économie, rendant obsolètes de nombreuses formes d’emploi actuelles.  Dans l’imaginaire du public, les robots incarnent les craintes de non-emploi technologique et d’obsolescence humaine. Il n’est donc pas surprenant que, dans le contexte des débats actuels sur la technologie et l’emploi, le déploiement des robots et leur effet sur l’emploi suscitent un regain d’intérêt. Les robots (machines capables d’effectuer des tâches productives avec un certain degré d’autonomie) existent depuis un certain temps déjà et sont largement utilisés dans les industries manufacturières. La révolution numérique a eu un impact important sur la technologie des robots, car l’utilisation du contrôle algorithmique et des capteurs numériques permet d’augmenter considérablement la flexibilité et l’autonomie des robots. Il est donc très pertinent de se demander dans quelle mesure les technologies robotiques actuelles ont déjà eu un effet significatif sur l’économie, et de quelle nature. En particulier, parce que l’ajout de capacités d’IA dans un avenir proche pourrait encore élargir la gamme de capacités des robots, ce qui pourrait également renforcer leurs effets sur l’emploi.

Il n’est pas facile de répondre à la question de savoir si les robots industriels actuels constituent ou non une technologie perturbatrice. Des faits sont identifiés et font défaut dans les débats actuels sur les robots industriels en Europe. En analysant les applications des robots industriels dans la fabrication européenne, il est montré que ces types de robots sont essentiellement des versions plus sophistiquées des technologies d’automatisation précédentes. Plus important encore, ils n’impliquent pas de rupture ou de perturbation significative en termes de types de tâches qu’ils peuvent accomplir ou en termes de nature de ces tâches. Les types de tâches que les robots actuels peuvent accomplir sont déjà marginaux en termes d’apport de main-d’œuvre. En partie à cause de l’effet des précédentes vagues d’automatisation, la quantité de travail physique répétitif utilisée dans la production est déjà assez faible, même dans le secteur manufacturier. Dans les économies avancées, la majeure partie de la main-d’œuvre est aujourd’hui affectée à des tâches impliquant la résolution de problèmes, le traitement de l’information ou l’interaction sociale, qui dépassent les capacités des types de robots actuellement utilisés en Europe.

Suite à cette étude et les informations tirées principalement de la World Robotics Database, on comprend donc que, contrairement à la croyance populaire, les types de robots largement utilisés dans le secteur manufacturier aujourd’hui n’impliquent pas une discontinuité en termes d’automatisation et de possibilités de remplacement de la main-d’œuvre. Au contraire, la technologie robotique actuelle est mieux comprise comme l’itération la plus récente de technologies d’automatisation industrielle qui existent depuis très longtemps. Ces technologies ont sans doute eu leur plus grand impact il y a plusieurs générations, expliquant en partie les changements dans les structures de l’emploi dans les secteurs agricole et manufacturier qui remontent à la révolution industrielle. Ainsi, les effets potentiels sur l’emploi de la technologie actuelle des robots sont a priori limités. Les robots industriels sont plus susceptibles de remplacer des robots antérieurs que des travailleurs humains.

Pour rebondir sur Monoprix, une vingtaine d’emplois de préparateurs pourraient être supprimés. A côté de ça, des postes seraient créés pour l’IT (technologie de l’information) et la supervision. 400 personnes pourront travailler dans cet entrepôt, soit autant que dans les trois sites précédents. De plus, l’enseigne prévoit quelques dizaines de recrutements dans les mois à venir.

Critiques et recommandations

Certains emplois seront donc supprimés notamment le poste de préparateur de commandes. L’enseigne devra donc veiller à inciter à la formation des salariés dont le poste sera supprimé afin de leur proposer une modification de leurs missions ou un tout nouveau poste. La période de crise sanitaire n’étant déjà pas facile, un soutien des salariés est essentiel.

            De plus, Monoprix n’est pas la seule enseigne à miser sur l’intelligence artificielle pour gagner en productivité et améliorer son offre. En début d’année 2O21, Walmart, entreprise américaine transnationale spécialisée dans la grande distribution, a ouvert son premier drive robotisé. Aussi, Carrefour quant à lui expérimente le picking automatisé, c’est-à-dire l’utilisation de solutions robotisées qui couvrent l’intégralité des opérations de préparation de commandes : le prélèvement, l’extraction, la manutention, le conditionnement et l’expédition des marchandises.

            Par ailleurs, de nombreux partenariats avec les plateformes de livraison voient le jour : Franprix & Deliveroo, Carrefour & Uber Eats, Shopopop & Leclerc. Ces enseignes alimentaires ont su optimiser la livraison du dernier kilomètre. Il est essentiel de mener une veille permanente afin de ne pas perdre la clientèle.

            Enfin, on note de nombreux efforts au niveau environnemental de la part de Monoprix. Aujourd’hui, de nombreuses associations spécialistes et attentives au greenwashing analysent les engagements des marques. Il faut donc rester vigilants.

Héloïse Faure

Profil LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/h%C3%A9lo%C3%AFse-faure-a0670b174/

Etude documentaire

Monoprix, Renseignements divers

https://entreprise.monoprix.fr/qui-sommes-nous/notre-philosophie/

“Reportage dans l’entrepôt robotisé de Monoprix dédié à l’e-commerce alimentaire”, Ecommercemag, publié par Dalila Bouaziz le 6 octobre 2020

https://www.ecommercemag.fr/Thematique/logistique-1222/Diaporamas/reportage-entrepot-robotise-monoprix-dedie-e-commerce-alimentaire-352883/une-livraison–352888.htm

Monoprix dévoile sa première plateforme logistique carbone neutre au monde, Ecommercemag, publié par Dalila Bouaziz, le 19 octobre 2021

https://www.ecommercemag.fr/Thematique/logistique-1222/strategie-logistique-2177/Diaporamas/monoprix-premiere-plateforme-logistique-carbone-neutre-monde-365651/1er-batiment-logistique-carbone-neutre-monde-365652.htm#Diapo

“Monoprix dispose d’un nouvel entrepôt robotisé de 100 000 m² pour le non alimentaire”, LSA, publié par Morgan Leclerc le 15 octobre 2021

https://www.lsa-conso.fr/monoprix-dispose-d-un-nouvel-entrepot-robotise-de-100-000-m2-pour-son-non-alimentaire,394161

“Monoprix dévoile un nouvel entrepôt zéro carbone robotisé avec Exotec”, Challenges, publié par Claire Bouleau et Nolwenn Mousset le 19 octobre 2021

https://www.challenges.fr/green-economie/monoprix-devoile-un-nouvel-entrepot-zero-carbone-robotise-avec-exotec_785305

“Monoprix inaugure son nouvel entrepôt robotisé neutre en carbone”, La Revue du Digital, le 18 octobre 2021 – https://www.larevuedudigital.com/monoprix-inaugure-son-nouvel-entrepot-robotise-neutre-en-carbone/

“Monoprix s’offre un entrepôt géant « zéro carbone »”, Les Echos, publié par Denis Fainsilber, le 14 octobre 2021

https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/monoprix-soffre-un-entrepot-geant-zero-carbone-1354768

Littérature

Article de recherche : “Not so disruptive yet? Characteristics, distribution and determinants of robots in Europe”, Structural Change and Economic Dynamics, Enrique Fernández-Macías, David Klenert,  José-Ignacio Antón, 01.05.2021

Émission Mark & Ting du 22/02/2022

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Voici le programme de notre 1° « émission Mark & Ting » :

  • 2:04 : Actus par Naïs Pallard, Nell Vella, Marjorie Marchadier et Julianne Lebreton.
  • 9:17 : Histoire du marketing par Fabrice Cassou. Sources : Volle, P. (2011). Marketing: comprendre l’origine historique. MBA Mark, 23-45 ; Kotler P., Manceau, D., & Keller, K. L. (2017). Marketing management. Pearson France ; lien vers le visuel de la tablette de chocolat Félix Potin : https://www.mark-et-ting.fr/felix-potin-2eme-pionnier-du-commerce/
  • 16:42 : Interview de Didier Vincent, chef de département – Techniques de commercialisation à Périgueux par Maraike Straka et Julie Anne – Site web : http://iut-perigueux.u-bordeaux.fr/Formations/Departement-Techniques-de-Commercialisation
  • 27:45 : Le site web à conseiller par Lou Derensy et Énora Cassou : https://mark-et-ting.com avec notamment un catalogue de 1875 : https://www.mark-et-ting.fr/catalogue-de-vente-par-correspondance-au-bon-marche-1875-2/
  • 29:24 : Article de recherche synthétisé par Fabrice Cassou : Celhay, F., Masson, J., Garcia, K., Folcher, P., & Cohen, J. (2017). Design graphique du packaging et innovation: Une étude comparative des codes visuels des vins de Bordeaux et de la Barossa Valley. Recherche et Applications en Marketing (French Edition), 32(2), 48-75.
  • 38:45 : Message de fin

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UN SUCCES 100% DIGITAL : TYPOLOGY

Lancée en 2019, Typology est une marque française 100% digitale. Sa marque de fabrique ? Proposer des cosmétiques d’origine naturelle dans le but de satisfaire des consommateurs exigeants. Vegan, cruelty free, naturelle et fabriqué en France, la marque répond à une demande croissante des consommateurs visant à être plus responsables notamment quant à la transparence ou encore l’éthique des marques consommées.

Considérée comme un pure player de la beauté, la marque Typology a été fondée par Ning Li, aussi créateur de MyFab, service e-commerce et Made.com, mobilier en ligne. Concurrencer de grands groupes tels que l’Oréal, Estée Lauder ou encore Unilever était un réel défi que Ning Li s’est imposé. La question étant : comment challenger l’industrie de la cosmétique ?

Cette DNVB (Digitally Native Vertical Brand) : https://www.typology.com/ est née pour donner suite à la naissance de la fille de son créateur : Ning Li : “Je suis de nature relativement sceptique et méfiante. Quand je suis devenu père, il y a deux ans, ce trait de caractère s’est transformé en paranoïa.” En effet, il s’est retrouvé face une inexistence de produits naturelles et a ainsi décidé de les produire lui-même.

La marque a obtenu la certification B corp qui s’est donnée pour mission de rassembler les entreprises intégrant modèle économique et engagements sociaux, sociétaux et environnementaux. Ainsi, l’entreprise renforce son image en appuyant sur l’impact positif qu’elle a sur l’industrie de la cosmétique mais également sur la société en générale.

Offrir de la beauté sans superflu : c’est la plus-value de Typology : le minimalisme. D’abord, ils proposent des packagings sobres, des formules simples grâce à une blacklist stricte, des soins beauté sur mesure en toute transparence et à bon rapport qualité-prix. Elle vise tant les femmes que les hommes et ce, de tous âges.

La marque a connu un fort succès dès son lancement et fait toujours sensation aujourd’hui, notamment sur les réseaux sociaux avec plus de deux cents milles abonnés sur Instagram.

On peut alors se questionner sur la durabilité de ce succès sur internet ; comment cette DNVB va-t- elle faire face à la croissance du marché et notamment aux géants concurrents qui allient distribution physique et digitale ?

Ainsi, voyons dans quelle mesure Typology se démarque et se développe pour faire face à la concurrence grandissante ?

Nous allons d’abord analyser les facteurs clés de succès pour perdurer sur le marché de la cosmétique naturelle puis nous verrons en quoi Typology a su se démarquer et enfin quelle est sa stratégie de développement.

Analyse de l’environnement

Le marché de la cosmétique est en croissante depuis plusieurs années (entre +5 et +6% de taux de croissance) et ce, particulièrement sur le web. En effet, une diminution des ventes de produits cosmétiques en boutique physique au profit des ventes en lignes a été remarqué. On est donc face à une dynamisation du marché notamment grâce aux influenceurs, à l’innovation produit portée par les technologies digitales.

Il est important de noter quelques tendances et chiffres clés du secteur de la cosmétique. D’ici 2024, le marché mondial des cosmétiques est estimé à 863 milliards de dollars. L’une des principales tendances tourne autour des cosmétiques bio, naturels, vegan : un marché qui a augmenté de +8,8% entre 2018 et 2019. Cependant, il faut noter que la tendance bio/naturel reste un marché de niche avec 10% des ventes de produits de beauté en France en 2020. Typology s’inscrit parfaitement dans cette tendance en proposant des produits composés au minimum de 80% d’ingrédients naturels. De plus, la transparence offerte par Typology est une valeur ajoutée. En effet, la marque possède une « blacklist » directement accessible en ligne et supprime tout ingrédient nocif pour l’homme.

Le web constitue une tendance incontournable avec une croissance 73% du CA de la beauté en ligne en 2020 en comparaison avec 2019. Aussi, la vente en ligne est appréciée pour plusieurs facteurs : un choix plus large, pas d’attente en caisse et de déplacement. L’expérience en ligne est donc très importante et relève un point clé pour les DNVB notamment la personnalisation. Typology en tant que DNVB a donc un cran d’avance en étant présent uniquement en ligne. De plus, la marque optimise l’expérience client en proposant la personnalisation selon le type de peau. Un diagnostic en ligne donne suite une routine personnalisée ajoutée en un clic dans le panier du client.

Les critères de choix des cyber acheteur(ses) comprennent : la réputation et engagements de la marque, le label ou la certification de la marque, les avis des autres consommateurs et l’emballage ou encore le prix ou l’efficacité du produit. Concernant les différents critères énoncés, Typology répond une nouvelle fois aux attentes des consommateurs ; d’abord en se présentant comme une marque engagée supportée par un label reconnu. Ensuite, les avis des consommateurs sont accessibles directement sous chaque produit sur le site web et les réseaux sociaux constituent une plateforme de bouche à oreilles. Même l’emballage est réfléchie en effet, la marque privilégie des matériaux recyclables et des petits formats plats afin que les colis soient plus petits et donc que le transport soit plus écologique. Enfin, Typology cherche à proposer le meilleur rapport qualité prix (notamment dû au modèle en ligne sans intermédiaire).

Les réseaux sociaux ont une place centrale : 4 consommateurs sur 5 achètent un produit à la suite d’une recommandation sur les réseaux sociaux, Instagram étant le plus engageant. La marque s’est construit une réelle communauté avec sur Instagram plus de deux cents milles abonnés.

Modalités de distribution

Typology étant une DNVB, elle repose uniquement sur son e-shop depuis son lancement. La vente sur internet se rapporte à de la vente à distance. La marque utilise alors Instagram à travers la boutique Instagram afin de mettre en avant les produits et ainsi rediriger ses clients directement vers le site web de l’entreprise mais d’autres canaux tels que le mail, les newsletters et le groupe Facebook du groupe leur permette aussi de fidéliser, informer ou encore répondre aux consommateurs. Ce choix a été utile notamment en termes d’économie de marge. Celle-ci étant habituellement versée aux distributeurs.

La transaction va donc directement du producteur au consommateur via un réseau de distribution que l’on peut qualifier de : canal direct et ultracourt. Chaque utilisateur, de n’importe où dans le monde, peut commander en ligne et se faire livrer. Tous les produits sont expédiés depuis Paris et le paiement en trois devises est disponible : l’euro, le dollar ou le pound. Aussi, le site se décliné en plusieurs sites, le site français, anglais et américain, belge, allemand mais aussi le site « global » pour ceux n’habitant dans aucun des pays cités précédemment. Le site précise également que certains frais de douanes peuvent s’appliquer selon le pays et le montant de la commande.

Vous l’aurez donc compris, la stratégie de distribution de Typology repose uniquement sur son site web et relève alors d’une stratégie exclusive de distribution.

Le fondateur a plusieurs fois insisté, lors d’interviews, sur le fait que la distribution en point de vente physique n’était pas envisagée. En revanche, c’est le développement à l’international qui est privilégié. Ning Li a donc pour objectif la conquête du marché des cosmétiques dans plusieurs pays. Après s’être implanté sur la marché français avec succès, comment s’implanter dans d’autres pays en proposant un seul canal de distribution : le web ?

Choix stratégiques

Typology connait alors une stratégie de développement qu’on pourrait qualifier de plus agile et low-cost. Leur stratégie d’internationalisation se base sur l’expérience du créateur au profil international. Ayant vécu huit ans en Angleterre mais naît en Chine et aujourd’hui demeurant en France, Ning Li avait pour but de créer un marque digitale internationale. De plus, entouré d’une équipe multiculturelle (quinze nationalités différentes), il souhaite donc développer Typology dans de nombreux pays.

Créé en France en 2019, la marque s’est développée en Belgique, puis en Angleterre, en Allemagne ou encore aux Etats-Unis. L’entrepreneur s’est souvent exprimé, lors d’interview sur ces choix. Aux États-Unis par exemple, Ning Li et son équipe ont remarqué que la plupart des marques cosmétiques présentes en ligne l’étaient aussi en magasin physique, ainsi la rareté des pure players représentait un avantage capital pour la marque Typology. Le « made in France » est aussi un gage de qualité perçu par les consommateurs étrangers. Mais c’est grâce à leur experience du lancement de Typology en Angleterre que l’équipe s’est vraiment rendu compte de l’opportunité de pouvoir se lancer à l’étranger tout en étant « agile et low-cost ». En effet, le lancement de la marque en Angleterre a eu lieu durant le confinement qui a donc entrainer une impossibilité de voyager et donc de superviser le lancement sur place. Malgré de telles circonstances, ce fut un réel succès : les magasins physiques étant fermés, les consommateurs se sont avérés être plus réceptifs à la nouveauté. Typology pouvait donc être lancée dans n’importe quel pays, sans aucune présence d’un membre de l’équipe sur place : ce fut une révélation pour son créateur qui décida suite à cette réussite de lancer virtuellement la marque sur le marché américain sans se déplacer (low-cost) sur Zoom et Google Meet auprès d’influenceurs et de journalistes (agile).

Côté organisation, la production et logistique sont gérée en France (à Paris), mais une agence, implantée directement aux États-Unis gère les relations presse, les partenariats et les influenceurs. La marque envisage même de recruter une équipe locale.

L’un des principaux avantages d’une DNVB selon Ning Li réside dans le coût faible à l’échec lors du lancement dans un nouveau pays. Le digital entraîne peu de frais en comparaison avec le lancement de magasins physiques et Ning Li qualifie donc un échec à l’étranger comme étant « non dramatique ».

L’innovation fait partie intégrante de la stratégie de Typology. D’abord spécialisée dans les soins de peau, la marque grandit peu à peu et se diversifie comme par exemple,avec du maquillage hybride tel que leur soin teinté faisant office de fond de teint.

Enfin, sur la question de la possibilité de distribuer les produits dans des points de vente physiques, Ning Li considère que le critère de choix principal réside dans la stabilité des revenus en ligne, si après deux ou trois ces derniers le sont, l’ouverture d’un showroom pourrait être envisagée. En revanche, qui dit ” distribution physique ” dit aussi souvent : perte d’une marge importante et espace limité en rayon. C’est pourquoi Typology souhaite ne pas être dépendant de ce type de distribution ; afin de toujours proposer des prix attractifs compétitifs et de viser un public plus large.

2020 a été l’année de l’essor des DNVB en France ; la crise sanitaire a entrainé une accélération de la croissance du e-commerce et des réseaux sociaux. La communication traditionnelle a donc été bouleversée et challengée. De nombreuses DNVB ont su tirer profit de cette situation et certaines se mettent au phygital. On se retrouve aujourd’hui face des tendances et mouvements toujours plus rapides et innovants. On pourrait alors se demander si la stratégie 100% online de Typology est viable sur le long terme.

Récemment, Typology a pour la première fois annoncé l’organisation d’un évènement (du 13 au 18 décembre) dans leur atelier à Paris afin de permettre aux clients de venir se faire conseiller et d’acheter les produits directement sur place ; il faut réserver sa place en choisissant un créneau de 30min. On apprend également en réservant sa place qu’une seconde marque : Emma & Chloé (marque de bijoux) sera présente. Le concept de cet atelier ne ressemblerait-il pas fortement à celui d’un pop-up store ?

Typology se tourne donc doucement vers la possibilité d’avoir un point de vente physique temporaire, qui lui permettrait de garder les avantages de la DNVB tout en proposant aux clients fidèles ou à ceux réticents lors d’achat de produits cosmétiques en ligne, de découvrir leurs produits lors d’évènements types « pop-up stores ».

Confrontation à la littérature

L’article suivant : « Les centres commerciaux veulent attirer les DNVB » rédigé par Christine Galimant a été publié en avril 2020 dans le Cosmetiquemag n°215 dans la section Business : Distribution. Il traite de la nouvelle réalité impliquant les centres commerciaux. Ces derniers, acteurs de la vente physique, doivent se réinventer et une option serait de travailler avec les DNVB, acteurs de la vente online dans un contexte ou le phygital devient de plus en plus tendance.

Le concept crée se nomme Pyramid et est situé à Paris, au carrousel du Louvre. Pyramid fait office de grande boutique réunissant 22 marques appartenant originellement aux DNVB. Cette idée est née de l’association entre le directeur du centre commercial et le cabinet de conseil : Digital Native Group.

« L’enjeu n’était pas simplement d’ouvrir un pop-up store, mais de construire de toutes pièces une offre inédite et cohérente autour de marques DNVB, qui sont un sujet stratégique pour nous »

D’une part les centres commerciaux peuvent donc bénéficier de la présence de telles marques. En effet, les centres commerciaux sont un besoin urgent d’innover afin de continuer d’être attractif et certaines DNVB quant à elles, ont envie de proposer un point de vente physique éphémère afin de tester ou acquérir les réticents de la cosmétique en ligne dans notre cas par exemple :

« Les centres commerciaux ont historiquement attiré des start-ups du commerce physique, il est naturel aujourd’hui de le faire avec des start-ups du digital dans la mesure où elles souhaitent rencontrer le monde physique »

De plus, le commerce en ligne se développe de plus en plus et la présence de marques innovantes telles que les DNVB est un atout majeur pour ces centres commerciaux à la recherche de la création d’un lien plus fort avec leurs consommateurs notamment sur les réseaux sociaux : «les DNVB font partie des axes de différenciation des centres commerciaux », « Elles nous aident à avoir une proximité et une interactivité plus fortes avec nos consommateurs sur les réseaux sociaux », Attirer de nouveaux clients tels que les millennials est aussi un avantage considérable : elles « répondent aux codes des millennials »

D’autre part, le besoin d’apporter une présence physique chez les DNVB s’est souvent fait ressentir ; donnons l’exemple de la marque Kylie Skin qui a développé des points de vente physiques tels que des pop-up stores ou encore qui est aujourd’hui, est distribuée chez Nocibé ou Sephora.

De plus, nous l’avons mentionnée précédemment, un avantage à être une marque digitale est la réduction des coûts, or d’après notre article : « les coûts d’acquisition client sont de plus en plus élevés sur le digital. ».

Les DNVB sont aussi limitées par leur incapacité à proposer au client de voir (physiquement) ou toucher les produits :
« les clients le demandent afin de pouvoir voir et toucher véritablement les produits.»

Aussi, les DNVB pourrait bénéficier d’un espace physique à couts réduits en comparaison avec l’ouverture d’une boutique physique :

« Par ailleurs peu de DNVB sont assez puissantes pour supporter les coûts de structures induits par l’exploitation d’une boutique mono marque « classique ». », « Les foncières vont devoir se montrer flexibles sur les contrats si elles veulent attirer ces marques »

Les DNVB présentes bénéficient de plusieurs avantages :
– une grande visibilité
– nouveaux clients
– fidélisation clients
– recueil d’informations sur le comportement des clients

Enfin, seule une commission sur le chiffre d’affaires réalisé par les marques est prélevée par le centre commercial, un avantage coût/bénéfice largement rentable : « Cette expérience en centre commercial est extrêmement concluante et rentable. »

Cet article nous met donc face à 2 réalités. D’abord, un besoin urgent pour les centres commerciaux de se transformer. Ensuite, une volonté grandissante de certaines DNVB de créer un contact physique (même si éphémère) avec ses clients.

Recommandations et limites

Typology, en lançant son pop-up store privé au sein de leurs ateliers démontrent une envie de se tourner vers des points de vente physiques éphémères. Une première recommandation serait alors d’organiser plusieurs fois par an, lors de moments phares tel que celui des fêtes de fin d’année, un pop-up store au sein de leur atelier comme proposé cette année. Cela leur permettrait en effet de réduire les couts d’une présence physique : pas de coût de location, de commission à donner ou encore pas de frais de stock. Un pop-up store au sein même de leur atelier permet de plus, de renforcer le lien avec les consommateurs qui se sentent privilégiés et qui sont mis en confiance, notamment concernant la transparence, qui ici, s’effectue au sein même de l’atelier Typology.

L’idée d’un partenariat avec certains centres commerciaux comme mentionné précédemment dans l’article, serait aussi une bonne idée. En effet, ce partenariat permettrait un gain de visibilité. Certains clients non adeptes des réseaux sociaux pourrez découvrir la marque par exemple.De plus, ce partenariat permettrait aux clients de Typology d’avoir accès physiquement à certains produits. La présence digitale seulement peut en effet entraîner une barrière à l’achat chez certains consommateurs. Un autre avantage de ce partenariat serait le besoin de peu de stock : seuls certains produits phares sont présentés sur le pop-up store du centre commercial. Les coûts seraient alors réduits d’autant plus que le centre commercial ne prend une commission que sur le chiffre d’affaires réalisé. Enfin, la marque pourra recueillir plus d’informations sur ses clients et ainsi mettre en place des actions afin de les fidéliser.

La stratégie de développement international est selon moi une excellente idée qui permet de se démarquer de la plupart des DNVB qui ne se lancent pas directement à l’international. De plus, dans un monde de plus en plus connecté, les barrières qui auparavant étaient dues à la distance entre les différents pays n’existent plus grâce au digital. Il est donc maintenant possible d’être présent à l’international sans l’être physiquement. Ne pas le faire représenterait une perte d’opportunités. Cette stratégie permet aussi à la marque d’être pionnière, l’une des seules DNVB françaises à franchir le pas de s’exporter peu de temps après le lancement de cette dernière. Il est donc recommandable de continuer la stratégie de développement à l’international.

Quant aux limites, la stratégie de développement à l’international est une stratégie assez risquée, même si en cas d’échec, elle coûte peu, il serait judicieux d’étudier si cette même stratégie, après la période de covid serait aussi efficace.

L’introduction de points de vente éphémères physiques semble être une bonne idée afin de conquérir des nouveaux clients. Cependant, on peut se demander si les clients ne seront pas ensuite demandeurs de plus en plus de points de vente physiques, ce qui pourrait représenter une limite pour la marque qui refuse d’ouvrir un point de vente physique non éphémère.

Aussi, tester le concept du pop-up store au centre commercial est une recommandation faite à la marque. Cependant, la marque se verrait gérer un stock (même si minime) et payer des commissions, jusqu’à lors inexistantes. La perte d’indépendance totale via le 100% digital représente alors aussi une limite.

Bigot-Deguigne Lucie

Compte LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/lucie-bigot-deguigne-b63728198

Sources

https://www.journaldunet.com/ebusiness/commerce/1486125-la-strategie-marketing-bien- rodee-des-dnvb-sur-instagram/

https://www.journaldunet.com/ebusiness/commerce/1499179-ning-li-typology/

https://www.pluris.fr/publication/typology-cosmetique-jacques-seidmann-malt-marques_2-14- 2946.php

https://www.lecho.be/sabato/beaute/typology-revolutionne-l-univers-des- cosmetiques/10201356.html

https://fr.fashionnetwork.com/news/Typology-defie-les-codes-de-la-cosmetique-en- france,1123207.html

http://sous-titre.eu/typology-le-pouvoir-aux-consommateurs-12/ https://pubosphere.fr/dnvb-ces-marques-digitales-a-lhonneur-en-temps-de-crise/

https://www.e-marketing.fr/Thematique/cross-canal-1094/Diaporamas/marketingfrugal- comment-utiliser-moins-ressources-produire-consommer-juste-faut-352346/simplicite-soins- typology–352351.htm

https://justsearch.fr/blog/secteur-de-la-beaute-les-reseaux-sociaux-au-coeur-des-tendances-et- strategies-digitales-de-2021%E2%80%AF/

https://lareclame.fr/parcellab-etude-dtc-experience-post-achat-251378

https://jobphoning.com/actualites/typology-start-up-francaise-a-la-conquete-du-monde-du- cosmetique/

https://www.stylist.fr/typology-la-marque-de-soins-100-digitale-qui-revolutionne-la- beaute,313380.asp

https://www.alioze.com/chiffres-beaute https://phygital.news/quand-les-dnvb-recherchent-un-point-de-vente-physique/ https://www.cosmetiquemag.fr/business/les-centres-commerciaux-veulent-attirer-les-dnvb/

Podcast Mark & Ting

Mark & Ting, le premier podcast universitaire francophone sur le marketing sera lancé le 22.02.2022. Celui-ci est créé et animé par 8 étudiantes de Techniques de commercialisation à Périgueux et un maître de conférences de l’université de Bordeaux, spécialisé en marketing.

Mark & Ting est à destination des étudiants en commerce (IUT, BTS, IAE, écoles de commerce ou de communication), lycéens, professionnels et autres curieux du marketing.

Les 8 étudiantes et leur enseignant-tuteur, Fabrice Cassou, proposeront différents contenus :

– Actus marketing

– Histoire et concepts du marketing (histoire du marketing, l’essor des grands magasins, le greenwashing, le mécénat…)

– Formations et parcours étudiants (Tech de Co, master marketing en IAE, puis chef de produit, community manager, etc.)

– Conseils (trouver un stage, sortir du cadre, choisir son entreprise, etc.)

– Sources d’inspiration (lieux, livres, films, séries…)

– Synthèse de travaux universitaires.

– La grande interview afin d’en savoir plus sur telle ou telle marque, sur le parcours des invités et les conseils qu’ils peuvent adresser à tous les étudiants, lycéens, et professionnels. La 1° grande interview, sortie le 3 mars, a accueilli Éric Plat, PDG d’Atol les Opticiens.

Ce projet est constitué d’une équipe de 4 étudiantes de 2° année (Naïs, Nell, Marjorie et Julianne) et de 4 étudiantes de 1° année (Énora, Lou, Maraike et Julie). Elles travaillent tous les jeudis après-midi pour ce podcast avec leur enseignant-tuteur, dans le cadre des projets tuteurés de leur formation. Pour cela, elles réalisent des entretiens, enregistrent des rubriques à diffuser et animent les réseaux sociaux Mark & Ting (pour valoriser le contenu du podcast mais également créer du contenu additionnel).

ÉCOUTEZ SUR LES PLATEFORMES :

Apple Podcast : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/mark-ting/id1610713865

Spotify : https://open.spotify.com/show/7D2qVYKXcWqoK8OptUiSA1

Deezer : https://www.deezer.com/fr/show/3429202

Amazon music : https://music.amazon.com/podcasts/16de0bab-13fd-4c23-bf7f-f22c0fd9db3a/mark-ting

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Mark & Ting est proposé par des étudiant.e.s et enseignant.e.s de Tech de Co Périgueux – IUT de Bordeaux – Université de Bordeaux. C’est le rendez-vous hebdomadaire de tous les étudiant.e.s et personnes curieuses du monde du marketing !

LE CAS MY JOLIE CANDLE

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ÉTUDE DOCUMENTAIRE

À l’heure où les enseignes optent pour la digitalisation accrue de leurs points de vente, un retour au contact physique paraît primordial pour certains consommateurs en quête d’humanité.

C’est en 2015 que l’enseigne My Jolie Candle voit le jour sur internet, grâce à son fondateur, Samuel Guez. En effet, cette DNVB (Digital Native Vertical Brand) commercialise, d’abord en ligne exclusivement (sur https://myjoliecandle.com), des bougies au concept bien particulier et très propice au gifting. Une bougie parfumée oui, mais renfermant un bijou. À mesure que l’individu fait brûler sa bougie, une petite pochette en aluminium et contenant un bijou apparaît. Du jamais vu sur le marché. D’autant plus que la firme combine bougies de qualité, en cire 100% naturelle, avec des mèches en coton, ainsi que bijoux à cristaux tendances, conçus avec la célèbre enseigne Swarovski dont la réputation n’est plus à faire. Le tout couplé à un packaging attrayant, c’est une combinaison gagnante pour la startup.

Ainsi, avec son produit deux en un, My Jolie Candle a su séduire un public jeune et connecté et a pu bénéficier de l’engouement autour des réseaux sociaux. En se développant sur instagram notamment, devenu un des réseaux sociaux les plus utilisés par les 16-25 ans, la startup s’est fait un nom parmi de multiples marques de bougies. Ce n’est pas sans collaborer avec des influenceurs de renommée tels que la célèbre Marie d’Enjoyphoenix, qui a lancé avec la marque une bougie en édition limitée, créant ainsi le désir d’achat des abonnés de la Youtubeuse. C’est effectivement cette présence accrue sur le réseau social Instagram qui a créé l’effet boom, propulsant la marque et lui permettant d’atteindre 10 millions de chiffre d’affaires en 2018. Cela a d’ailleurs été le fruit du développement d’une expertise dans le domaine de l’influence, plaçant ce domaine comme le premier poste de dépense de My Jolie Candle. L’objectif ici n’étant pas de s’allier à un maximum d’influenceurs, mais d’analyser les influenceurs les plus pertinents, en termes de réactivité de leur communauté et de contenu. Ainsi, la marque s’assure d’être présente dans l’esprit de ces consommateurs cibles : les 15-25 ans, et d’être crédible de par les influenceurs sélectionnés.

            Cependant, au regard du marché dans lequel se développe My Jolie Candle, en quoi l’enseigne devrait-elle diversifier et améliorer ses canaux de distribution ?

            Nous exposerons dans cette étude documentaire le contexte de marché dans lequel évolue My Jolie Candle et les décisions de distribution stratégique de la marque pour se tourner vers une présence davantage physique de l’enseigne.

ANALYSE DE L’ENVIRONNEMENT

My Jolie Candle s’est implantée sur le marché de la bougie, alors que ce dernier était déjà mature et fortement concurrentiel. Cependant, grâce à une offre différenciée, la pertinence du lancement de la boutique online est assurée.

ForcesFaiblesses
Un dirigeant expérimenté
Une employée spécialisée dans l’influence
Un concept innovant
Un design et un packaging attractif
Un prix attractif
Deux produits en un
Un partenaire de choix : Swarovski
Les matériaux des bijoux : cristaux Swarovski, plaqué or, argent
Un choix de bijoux large (bracelet, boucles d’oreilles, collier, bague)
Une communication efficace sur internet de grâce aux partenariats avec influenceurs
Une distribution peu chère : online
Cire 100% végétale et mèches en coton tressées à la main
Fabriqué en Espagne
Fragrances françaises provenant de Grasse, la capitale mondiale du parfum
Parfum de la bougie qui embaume durant 50 à 100 heures.
Une distribution exclusivement en ligne (e-shop et Amazon)
Catégories produits peu diversifiées
Tests et manipulations des produits impossible via le canal digital
Difficultés quant à la description des fragrances subjective selon chacun
Petite équipe donc gestion du service après-vente plus difficile
Fabrication Espagnole (pour les consommateurs souhaitant acheter français)
OpportunitésMenaces
Réglementations et subventions en faveur des créations d’entreprise
La génération des 15-25 ans très présente sur les réseaux
Le phénomène des influenceurs qui prends de plus en plus de place
Croissance des ventes en ligne
Covid-19 et augmentation des commandes passées sur internet
Baisse du prix des loyers pour les boutiques
Beaucoup de concurrents fabricants de bougies
Marché saturé et prix en augmentation
Réticence vis-à-vis des commerces 100% online
Retour des achats de proximité et de la consommation locale
Firmes qui proposent une expérience digitale poussée

Afin d’assurer la pérennité de My Jolie Candle, l’enseigne doit miser sur différents facteurs clés de succès (FCS):

            Tout d’abord, il faut noter l’expertise des équipes My Jolie Candle quant à la maîtrise des réseaux sociaux et de l’influence. C’est grâce à celle-ci que le succès de la marque fut fulgurant et sa notoriété rapidement acquise. En effet, dès ses débuts, Samuel Guez a embauché une responsable de l’influence qui n’était dédiée qu’à cela. Plusieurs milliers d’euros ont été investis par la startup pour bénéficier de la meilleure visibilité possible via les influenceurs.

            Également, l’enseigne a su combler le manque d’offre dans la catégorie bougie en développant un produit nouveau. En permettant à chacun d’offrir une bougie qui contient elle-même un bijou, la firme se démarque des concurrents. C’est cette différenciation qui devient un facteur clé de succès pour My Jolie Candle. Le marché de la bougie étant déjà saturé et peu enclin à la croissance, offrir une bougie parfumée classique n’aurait sans doute pas permis le succès immédiat et actuel de la marque. Ainsi, My Jolie Candle gagne à communiquer sur son avantage et sur le plus de ses bougies, qui n’ont rien à envier aux concurrents. Grâce à ce double achat en un, l’enseigne se positionne comme idéale pour le gifting. Plus besoin d’un cadeau pour l’intérieur et d’un bijou, votre bougie contient déjà le bijou.

            En fournissant des produits qualitatifs, réalisés à base de cire végétale et de mèches en coton, la marque peut arguer la naturalité de ses produits, alors facteur clé de succès. D’autant plus puisque les consommateurs prêtent de plus en plus attention au caractère naturel des produits qu’ils utilisent. La qualité des bougies My Jolie Candle est également vectrice de succès dans la mesure où la marque utilise des fragrances venant de Grasse. Capitale mondiale du parfum, les fragrances françaises de Grasse sont parmi les plus réputées. À cet effet, un consommateur amateur de bougies, qui souhaite un parfum embaumant et qui parfume son intérieur longtemps, pourra se tourner vers My Jolie Candle. À cela s’ajoute le fait que la marque propose un bijou en collaboration avec la célèbre enseigne Swarovski. Celle-ci ayant déjà conquis le marché du bijou, elle est gage de qualité pour les clients My Jolie Candle. En effet, ces derniers retrouvent dans leur bougie, un bijou (bracelet, collier… au choix) orné de cristaux Swarovski. Cette association avec le vendeur de bijoux peut déclencher l’achat, le collaborateur bénéficiant déjà d’une notoriété.

LES PROBLÈMES ORGANISATIONNELS

Étant une DNVB, la marque My Jolie Candle exploite un circuit de distribution court et direct, vers le client. Cependant, depuis 2017, la firme passe également par l’intermédiaire Amazon, ce qui présente des bénéfices mais qui a également pour effet une réduction de ses marges.

En outre, l’enseigne peut rencontrer des difficultés à répondre en temps et en heure aux nombreux utilisateurs du site internet. Souhaitant proposer à ses consommateurs une expérience client agréable, My Jolie Candle se doit de toujours apporter une réponse rapide à toutes les questions des clients. Aussi, il est vrai que la personnalisation des conseils a une place primordiale dans l’esprit du consommateur, pour qu’il se sente valorisé. Or, en traitant à distance chacune des demandes, une froideur peut émaner des conseillers. D’autant plus que les employés réalisent la même tâche de façon répétée, tandis qu’ils pourraient réaliser d’autres missions davantage créatrices de valeur. Enfin, dans une autre mesure, la marque doit pouvoir réaliser cette activité de conseil de façon stable dans le temps, peu importe le pic d’activité engendré par des fêtes comme la Fête des mères ou Noël par exemple.

En 2015, les fruits des ventes My Jolie Candle reposent seulement sur la vente des bougies parfumées qui renferment un bijou. Or, le produit étant souvent acheté pour offrir, il est vrai que la marque gagnerait à vendre des produits complémentaires, la vente de produits maison en coffret, ou en pack de différents produits d’une même fragrance étant typique du marché.

            En outre, My Jolie Candle vend ses produits bougies de façon exclusive sur internet, d’abord sur son e-shop. Ainsi, c’est un système de vente directe au consommateur qui est utilisé. Cependant, au vu des caractéristiques du produit commercialisé par My Jolie Candle, il est vrai qu’une présence physique manque à l’appel. En particulier pour la vente de produits comme les bougies, promettant une expérience olfactive plaisante, il est nécessaire que le consommateur puisse sentir les différentes fragrances et/ou être aiguillé quant aux caractéristiques des différentes bougies parfumées. Effectivement, le consommateur est en quête d’une expérience sensorielle et de personnalisation des conseils de vente pour l’achat des produits parfums et home. Sentir, toucher, voir semble essentiel pour ce type de produits. Aussi, la création d’une relation marque-consommateur est bénéfique pour une marque et permet la fidélité du client. D’autant plus depuis les divers confinements, qui ont fait exploser le commerce en ligne et le nombre de concurrents sur le marché. Ainsi, se démarquer passe par l’instauration d’un lien entre l’enseigne et l’individu, qui se détournera alors des produits alternatifs.

            Aussi, étant donné le prix attractif des bougies, une méfiance peut naître à l’égard des e-commerces et de la qualité de leurs produits. En procédant à une distribution physique, les potentiels acheteurs se voient rassurés de la réelle existence de la marque, des garanties produit, de la provenance des matériaux, etc…

LES CHOIX STRATÉGIQUES

Tout d’abord, afin de répondre aux nombreuses demandes sur son site internet, My Jolie Candle a opté pour la solution Botmind, permettant d’offrir une réponse personnalisée aux utilisateurs du chat My Jolie Candle. Grâce à l’intelligence artificielle, les équipes gagnent du temps pour le traitement des questions et demandes simples des consommateurs potentiels. C’est également un gain de temps pour ces derniers qui obtiennent une réponse automatique immédiatement après le lancement du chat. Par cela, My Jolie Candle s’assure de la fidélité des clients, alors conquis par la réponse rapide apportée par la marque. 

Au niveau de son développement, My Jolie Candle a diversifié son offre de produits en proposant à ses consommateurs des boules de bain contenant un bijou. Un produit cohérent avec l’offre initiale de la marque et permettant d’offrir aux clients davantage de produits à ajouter au panier. Cela permet aussi de retrouver son odeur préférée de bougie, dans son bain. Des parfums d’intérieurs sont également maintenant disponibles sur l’e-shop de la marque, étayant également le portefeuille de produits vendus par la marque et proposant « une routine complète » pour son intérieur.

            Au niveau de sa distribution, la marque est présente depuis 2017 sur Amazon, ce qui lui permet d’être davantage visible sur internet et de multiplier ses points de contacts avec les consommateurs. My Jolie Candle s’est également développé de façon physique en créant des pop-ups stores dans les grandes villes françaises comme Toulouse en 2019, ainsi que Bordeaux, Paris… Créant l’exclusivité et l’événement, les pop-ups stores permettent aux clients My Jolie Candle, ou aux individus encore réticents, de venir en magasin pour sentir les fragrances, toucher les bougies, les flacons et se faire conseiller. Aussi, la présence physique par ce biais permet à la marque de catalyser son identité de marque, montrer les nouveautés proposées et l’univers cocooning, doux et élégant de l’enseigne.

De surcroît, la présence physique de My Jolie Candle est même allée jusqu’à l’ouverture de boutiques physiques permanente en 2020 à Paris, Lille ou bien Bordeaux, ce qui relève d’une stratégie de distribution sélective. Par cela, la marque s’assure de créer et de renforcer son image de marque, disponible physiquement en boutiques et en wholesale à petite échelle seulement. My Jolie Candle s’assure également d’avoir un regard sur la distribution et la commercialisation de ses produits. L’objectif étant de favoriser une expérience client optimum et de se faire connaître par le plus grand nombre. La marque se développe également vers l’international avec une pénétration de marché en Espagne, en Allemagne et en Angleterre.

Depuis la période pandémique, les loyers des boutiques étant plus accessibles, la marque a ouvert de nombreuses nouvelles boutiques et affirme ainsi sa volonté de distribuer ses produits de façon multicanale. Par cela, elle vend de manière directe au consommateur et ces derniers peuvent sentir les produits ou être dirigés par un vendeur vers la senteur idéale.

CONFRONTATION À LA LITTÉRATURE

L’utilisation de chatbots est courante pour les marques contemporaines. Pour Catherine VIOT et Grégory BRESSOLLES dans “Les agents virtuels intelligents, quels atouts pour la relation client ?”, permettrait de ramener de la chaleur humaine pour les réclamations en ligne, qui sont parfois traitées lentement ou brièvement, tant elles sont nombreuses sur un site internet. Ainsi, les agents virtuels intelligents représentent une solution pour les entreprises, souhaitant personnaliser les échanges avec leurs clients, et cela, My Jolie Candle l’a bien compris. Ayant l’avantage de ne jamais prendre de congés et de ne jamais être agacé, l’intelligence artificielle (IA) profite à l’entreprise et à l’interlocuteur. Effectivement, ce dernier propose une réponse rapide et ce, dans un langage naturel faisant illusion d’un humain, qui contentera le consommateur. C’est également un gain de temps dans la mesure où cette IA peut répondre à plusieurs clients en même temps, et leur apporter la réponse adéquate. Cependant, il faudra tout de même noter des problématiques de compréhension des problèmes des interlocuteurs.

Concernant la stratégie initiale de My Jolie Candle, basée sur le marketing d’influence, les auteures Sandrine MEDIONI et Sarah BENMOYAL BOUZAGLO dans “Chapitre 3. La recherche d’information omnicanal des consommateurs” décrivent en 2018 le phénomène de l’influence. En effet, comme bien d’autres marques, My Jolie Candle a surfé sur les partenariats avec les influenceurs. Grâce à cela, la marque se forge une “e-reputation”. Aussi, la crédibilité de l’influenceur choisi est importante pour assurer la cohérence entre le message posté et l’identité de marque, ainsi que pour assurer un retour sur investissement à l’enseigne. En se positionnant sur des influenceurs connus comme EnjoyPhoenix, My Jolie Candle semble avoir fait le bon choix. Cependant, une attention particulière doit être en permanence accordée aux influenceurs et à leur authenticité, afin de ne pas nuire à l’image de l’entreprise. Pour réussir via le marketing d’influence, il faudrait “identifier les attentes des influenceurs, ne pas confondre audience et influence, miser sur les influenceurs de moyenne et longue traîne, donner envie à l’influenceur de collaborer avec vous, encadrer les attentes de chacun, s’appuyer sur les talents de l’influenceur, construire une relation de longue durée, mesurer la performance de la campagne.”

À la lumière de l’article “La stratégie de distribution multiple. À la recherche de synergies entre canal physique et canal virtuel” de Carole POIREL et Dominique BONET FERNANDEZ, nous pouvons faire plusieurs constations. Les auteurs se basent sur le modèle Click & Mortar de la Fnac pour conclure qu’il existe une complémentarité entre la distribution en ligne et la distribution physique. Effectivement, grâce à une présence à la fois en ligne et en physique, une marque comme My Jolie Candle peut jouir d’une présence en tout temps et en tout lieu. L’offre est ainsi multipliée.                                                         

Avec une enseigne comme My Jolie Candle, présente sur plusieurs canaux, les consommateurs peuvent faire du webrooming (ou ROPO) et donc comparer les prix, rechercher une information rapidement, depuis n’importe où, avant d’acheter en magasin. Cela est pertinent puisque l’individu gagne du temps dans sa recherche de produits et est rassuré, s’il n’est pas à l’aise avec le paiement en ligne par exemple. Cette double présence en ligne et en boutique est alors un atout pour le client potentiel et pour l’enseigne.

Aussi, l’intégration des différents canaux est essentielle à la bonne gestion de la relation client. Autrement dit, les vendeurs doivent prendre en considération la clientèle émanant de l’e-shop, autant que celle de la boutique physique. Pour qu’il existe des synergies entre les différents canaux, l’enseigne doit veiller à ce que ces derniers soient correctement intégrés. Également, les coûts seront réduits dans ce contexte, puisque les ressources peuvent être allouées à plusieurs canaux différents (en ligne et en physique). Les investissements sont amortis et le client, peu importe le canal de distribution choisi, pourra être correctement accompagné. Ainsi, My Jolie Candle peut offrir une expérience client adaptée à chacun des utilisateurs de la marque. Pour ce faire, elle devra néanmoins user de moyens logistiques importants pour permettre d’utiliser les différents canaux et pour regrouper les informations d’un même consommateur, qu’il ait acheté en ligne ou en magasin. Cependant, les auteurs mettent en garde sur le fait qu’un client ayant consommé en ligne est un client qui n’a pas consommé en magasin ; ainsi, il faudra qu’une firme comme My Jolie Candle accepte une cannibalisation possible entre les divers canaux.

Déjà en 2006, Jean-Pierre HELFER ET Geraldine MICHEL dans “LA STRATÉGIE DE CONTACTS MULTICANAL : opportunités, risques et facteurs de succès“, décrivaient les avantages et inconvénients de la distribution multicanale, également opérée par My Jolie Candle. Pour les auteurs, la stratégie multicanale consiste en la multiplication des canaux de contacts avec le consommateur. C’est en effet la stratégie utilisée par My Jolie Candle. De par cette multiplication des canaux, le client potentiel peut être contacté de différentes manières, ce qui permet de tisser un lien de proximité avec ce dernier, qui sera bénéfique pour l’entreprise. L’enseigne peut également adapter sa communication selon le client et lui offrir le bon produit / la bonne information, au bon moment. Dans l’autre sens, le consommateur vient également vers l’entreprise lorsqu’il le souhaite et de la façon qu’il souhaite; mail, téléphone, magasin… Également, il est à noter que d’après les auteurs, à mesure que le nombre de canaux de distribution et donc de communication d’une entreprise augmente, les ventes de celle-ci augmentent. Effectivement, cela vient du fait que le service est davantage efficace et répond d’autant mieux aux divers besoins des clients. Les occasions de prises de contact sont plus nombreuses avec les clients et leur fréquence plus élevée. Capter de nouveaux clients est également plus facile, tant les points de contacts sont multiples. Aussi, des prospects qui seraient passés par plusieurs canaux avant l’achat, consommeraient plus que ceux ayant réalisé leur achat via un canal de distribution. En ce sens, la stratégie de My Jolie Candle est pertinente. Cependant, là encore, les auteurs mettent en garde les entreprises vis-à-vis de l’intégration nécessaire des différents canaux et de la difficulté de suivi des comportements du client sur les différents canaux. Aussi, il faut prendre en compte les différences entre les clients qui seront plus ou moins familiarisés avec le fait de passer par plusieurs canaux pour obtenir la description d’un produit ou pour acheter.

RECOMMANDATIONS ET LIMITES

My Jolie Candle peut augmenter sa notoriété de marque en renforçant sa présence physique dans les magasins de son collaborateur Swarovski par exemple. En étant présent dans différents points de vente, la distribution des produits My Jolie Candle sera d’autant plus efficiente. La marque proposant maintenant également des produits bain, une présence dans des enseignes comme Sephora serait également bénéfique du point de vue présence des produits physiques.

Nous pouvons également imaginer une intégration totale de l’activité de fabrication de bijoux. My Jolie Candle se positionnerait à la fois en expert des produits home et bijoux. Ainsi, la firme pourra davantage diversifier son offre et réduire les coûts de production.

Dans une autre mesure, il faut noter que My Jolie Candle a été innovante dans la création d’un nouveau produit sur le marché et dans sa communication sur les réseaux sociaux. Pour rester un acteur principal du marché de la bougie et des produits home, la marque doit pouvoir rester précurseur de nouveautés. Grâce au phygital, l’expérience consommateur sera renforcée et la marque conservera un de ses facteurs clés de succès ; le caractère innovant. En intégrant la digitalisation de ses boutiques de centres-villes, avec des communications sur écran, des QR codes ou des caméras d’analyse des comportements du consommateur par exemple, My Jolie Candle s’inscrira dans les « magasins de demain » qui placent l’expérience du consommateur au cœur des stratégies.

Favoriser un parcours omnicanal du client serait également intéressant et relèverait d’une stratégie plus novatrice que celle actuelle, avec une présence multicanale. Le consommateur peut ainsi à sa guise, créer un panier en ligne, le finaliser en magasin ou commander en ligne et venir chercher son produit en magasin. Aussi, en intégrant par exemple des QR Code dans les boutiques My Jolie Candle, la marque peut facilement diriger les clients sur le site et leur proposer de voir la description des produits, les produits complémentaires… Dans une autre mesure, l’enseigne peut proposer aux prospects sur son site, grâce à l’intelligence artificielle, de voir le rendu de la bougie ou des parfums d’ambiance, dans le salon de chacun des utilisateurs, ou bien proposer une assistance vocale pour commander en ligne.

            Outre les coûts de développement qui seront induits, le magasin de demain de My Jolie Candle doit trouver le juste milieu entre expérience digitale et innovante et le charme d’un conseil personnalité du vendeur d’une petite boutique. En effet, même si l’enseigne cible les jeunes, chacun à sa perception d’une bonne relation client. Également, il faut veiller à conserver l’identité de la marque, que ce soit en ligne ou en physique, pour qu’elle reste reconnaissable par le public.

            Pour ne pas perdre de vue son objectif de qualité de produit, la firme gagnerait également à fabriquer ses bougies en France.

            Enfin, une limite existe quant à cette double présence en ligne et en boutiques, puisqu’un consommateur du site peut être un consommateur en moins pour le magasin et vice versa.

JESSICA STARSINOV

Compte LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/jessica-starsinov-9ab5b4166/ 

SOURCES

Articles de presse  :

https://www.botmind.io/success-stories-fr/myjoliecandle-enrichi-experience-client-durant-lespics-dactivite

https://www.capital.fr/votre-carriere/my-jolie-candle-une-start-up-qui-doit-son-succes-aux-influenceurs-1343855

https://actu.fr/hauts-de-france/lille_59350/la-marque-my-jolie-candle-avec-ses-bougies-surprise-a-ouvert-une-boutique-a-lille_36074491.html

https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/financer-sa-creation/0600072050492-my-jolie-candle-le-decollage-d-une-marque-nee-sur-internet-324610.php

https://entrepreneurinvest.medium.com/notre-these-dinvestissement-my-jolie-candle-7de2cbf4b3b

https://www.journaldunet.com/ebusiness/commerce/1496277-samuel-guez-my-jolie-candle/

https://www.google.com/url?q=https://www.journaldunet.com/ebusiness/commerce/1496277-samuel-guez-my-jolie-candle/&sa=D&source=docs&ust=1640182858041425&usg=AOvVaw1p9slLGnpRMU-haAl7BCHR

Articles de recherche  :

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01803745/document

https://www.cairn.info/marketing-digital–9782100763573-page-89.htm

https://www.cairn.info/revue-francaise-de-gestion-2008-2-page-155.htm

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02049875/document